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RIP Amy Winehouse

Certains l’avaient découvert depuis ses débuts, avec Frank, d’autres comme moi, l’avaient apprécié à travers son Back to Black, je fais partie de ces derniers.

Amy Winehouse, artiste britannique au talent indiscutable vient de nous quitter subitement en ce 23 juillet, laissant derrière elle deux albums remarquables, des concerts mémorables mais aussi des pages et des pages de tabloids qui avaient tellement parlé d’elle, de ses addictions et de ses déboires.

Amy Winehouse rejoint donc Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain et Jim Morrison, tous décédés à l’âge de 27 ans. Restez connectés sur Lcassetta, nous reviendrons avec plus de détail sur la vie et la carrière de cette illustre chanteuse, une légende est née.

Redécouvrez Back to Black et My Tears Dry On Their Own, extraits de son dernier album.

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Youssef Roudaby

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Emo, entre le cliché et le malentendu

J’ai vu ou entendu un nombre incalculable de fois des gens s’insulter en se traitant d’emo et j’ai toujours eu l’impression de parler à un mur à chaque fois que j’évoquais ce mot. Il y a beaucoup de clichés, d’incompréhension et de malentendus. Les gens n’essayent pas de comprendre et c’est tout à fait normal. J’ai donc eu envie de faire un article pour en finir une bonne fois pour toute !

Je vous vois déjà venir… Comment ? Un article sur l’Emo dans Lcassetta ? Prenez un grand souffle et essayez d’enlever de votre esprit tout ce que vous connaissez sur l’emo, car justement vous ne le connaissez pas ou très mal. Alors en fait, que veut dire “Emo” au delà de tous les clichés qui lui collent à la peau ? Comment un mot qui, à l’origine est censé désigner un genre musical assez peu connu, est devenu tellement banalisé et repris partout ?

Pour répondre à ces questions, je vais tout simplement vous faire découvrir des groupes, qui chacun à son époque a fait de la musique qu’on a qualifié d’emo. C’est un peu là la première difficulté, parce qu’il est tout simplement impossible de donner une définition claire et précise de ce qu’est l’emo. Aujourd’hui, certains vous diront que c’est un “style vestimentaire”, voire même une “pseudo-philosophie”, sauf qu’à l’origine c’est une musique qui trouve ses racines dans le Punk Hardcore, d’où l’emocore (pour emotional hardcore). Au fil du temps et des époques, l’emo a servi d’étiquette à plusieurs groupes qui ont fait des musiques très divergentes les unes des autres. Chaque période ou sous genre a sa propre définition ainsi que différentes variations. Ce serait assez compliqué d’en parler en détails, donc  je ne ferai que suivre la chronologie des évènements depuis le début de l’emo dans le milieu des années 80 jusqu’à aujourd’hui.

Si l’on devait s’arrêter sur une seule date qui représenterait le début de l’emo, ce serait l’été 1985 influencé par Zen Arcade l’album culte des Husker Dü. Certains groupes originaires de la scène Punk de Washington DC commencent à sortir des sentiers battus en introduisant un song writing parlant d’autre chose que la Politique. Cette dernière était clairement LE sujet dominant dans le Punk à cette période. On se tourne donc vers des choses plus personnelles qui gravitent autour de l’individu et non du groupe, loin de l’univers plutôt machiste et marginal du punk. C’est d’ailleurs probablement de là que vient la réputation “de musique pour tapettes” qui colle à l’emo jusqu’à nos jours. Certaines personnes dans le mouvement Punk n’ont jamais accepté que ce genre soit associé à des paroles et un songwriting intimistes, vu que l’essence même du Punk est protestataire voire rebelle. L’emo introduit aussi de nouveaux sons dans la musique, elle devient moins brutale, moins nerveuse et la voix prend plus de place. Il est à noter que les premiers groupes dits “emo” étaient vraiment issus du Punk avec même quelques figures du genre dont Ian Mackaye chez Embrace ou bien Rites of Spring avec Guy Picciotto. C’était donc une petit révolution qui était en marche et qu’on appellera plus tard la Revolution Summer.

Une multitude de groupes apparaissent dans tout les Etats-Unis, bien que la plupart finissaient par disparaître  en quelques années voire quelques mois. Cependant, le groupe le plus marquant de cette période est très objectivement Moss Icon. Ils donnent à l’emo un nouveau souffle grâce à leur musique plus pausée, des passages “post-rockisan” mais également des moments plus violents. Entre spokens words et chant crié, la musique de Moss Icon influencera énormément, et c’est peu dire, les groupes des années à venir.

On distinge généralement 3 vagues de groupes dits emo, même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette répartition qui réduit l’évolution de l’emo à des courants distincts, alors que mise à part la première vague, qui en est l’origine, toutes les autres avaient des courants différents et parallèles. Au début des années 90′s, l’emo commence à se faire connaitre dans le monde underground et certains groupes se forment pour suivre le modèle des pères du genre. C’est avec ces groupes que l’emo va réellement prendre ses marques, se développer, et surtout se détacher du Punk Hardcore. Il faut dire que si Moss Icon, en tant que précurseurs de l’emo, arrivaient à se distinguer du Punk hardcore, ce n’était pas le cas des autres formations de la même époque qui manquaient d’audace et qui restaient timidement attachées au punk.

Les années 90′s représentent l’époque charnelle. Diverses influences viennent se greffer à tout l’heritage Punk et c’est certainement là que l’appellation emo commence à devenir quelque peu floue. Elle désignera alors des groupes aussi differents que Swing Kids, Indian Summer, Jimmy Eat World ou Sunny Day Real Estate. C’est l’émergence de l’indie emo. On est à la croisée des chemins, les majors ont flairé l’aubaine que pourrait être pour eux le fait de faire signer certains groupes et le genre gagne en popularité. Entre signer chez un major ou rester dans l’indie,  plusieurs formations ne résisteront pas à la pression qu’engendrent ces conflits intérieurs à propos de la direction du groupe. Cette periode marque la disparition de l’emocore tel que l’on le connaissait à ses débuts. C’est la sortie de l’underground qui entraîne l’ouverture vers un nouveau public. L’emo va se scinder en deux genres distincts : D’un coté, le screamo avec des groupes comme Orchid, Saetia ou bien Portraits of Past, qui revendiquent leur penchant plus violent et plus fidèle aux origines idéologiques du punk, même si le screamo finira lui aussi par être mainstream, et d’un autre coté l’indie emo avec des groupes comme Cap’n Jazz, The Get Up Kids, ou American Football.

L’ère est favorable grâce au retour du Rock chez le grand public avec le succès de Nirvana, Green Day ou encore Weezer  dont l’indie emo s’inspire beaucoup. L’emo devient de plus en plus mainstream, ou du moins, des groupes dit “emo” le deviennent. L’un des plus connus est certainement Jimmy eat World, avec Clarity en 1999 suivi directement  en 2001 de Bleed American  avec The Middle, l’un des singles les plus connus du groupe. Cependant, cet album est souvent mal vu par les fans “old shcool” de l’emo car c’est LE premier album “emo” à être sorti sous un label mainstream. C’est donc avec cet album que le genre va se démocratiser lançant les prémisses d’une nouvelle vague d’emo. Bleed americain est un disque trés Alternative Rock qui tranche avec le passé de JEW. Le groupe, pourtant, continue à trainer sa réputation de groupe dit “emo”. Il faut comprendre la confusion  que tout cela crée, At The Drive-In c’est de l’emo ? Thursday aussi ? Et The Promised Ring, Texas Is The Reason, Mineral alors ?  Et puis tout ces petit groupes qui viennent de se former Taking Back Sunday, Brand New, Thrice ? les autres ceux qui arrivent au milieu des années 2000 Escape The Fate, blessthefall, Bring Me the Horizon ? Le contre courant qui se veut loin des paillettes et  du grand public composé essentiellement de groupes screamo; Daïtro, Sinaloa, Raein, Envy, Circles Takes The Square ?

Qui est emo, qui ne l’est pas ? C’est la question que l’on retrouve partout au milieu des années 2000. Dans les forums de discussion affiliés au genre, la meilleure réponse pour moi est celle de Guy Piciotto, un des fondateurs du genre : “… I’ve never recognized “emo” as a genre of music. I always thought it was the most retarded term ever. (…) I just thought that all the bands I played in were punk rock bands. The reason I think it’s so stupid is that – what, like the Bad Brains weren’t emotional? What – they were robots or something? It just doesn’t make any sense to me.” Beaucoup ne sont pas d’accord avec lui, mais la plupart s’accordent à dire que l’emo n’est ni une idéologie ni un style vestimentaire. D’ailleurs cet article a pour seul but d’essayer d’éclairer certains sur un “genre” trés mal connu et trés mal perçu qui, tout comme le metal, la musique electronique, le rap ou l’indie rock (ect…) a constitué une motivation pour énormément de groupes differents, à faire de la musique qu’on a qualifié à tort ou à raison d’emo.

Pour finir, une petite playlist concoctée par mes soins. J’ai essayé de proposer les différents visages de l’emo, même ceux que je n’apprecie pas vraiment. Pour plus de documentation, car il y a encore énormément de choses à dire, je vous renvoie sur deux petits sites un en francais qui est “Le dictionnaire de l’emo” et l”autre en anglais un peu plus connu qui est “You don’t know Emo”.

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Greenwood Sharps – Things Familiar

Là où James Blake devient trop intime, Greenwood Sharps, jeune producteur londonien, trouve toute sa liberté avec plus d’aisance et d’équilibre. Très peu connu et n’ayant sorti qu’un EP, il a quand même reçu l’attention de grands artistes tels que Jamie XX pour son travail très précis, efficace et profond. Chronique !

Bon partons d’un point simple. Ce qui rend le LP de James Blake détestable pour certains, c’est sa voix autotunée en abondance et son côté trop intime. Greenwood chante aussi, distord sa voix, et sa musique est extrêmement similaire à celle de Blake, sans pour autant aboutir à un néant électronique. Toujours ce même côté fantomatique, intriguant, éthéré et profond… mais beaucoup plus dynamique. Il intègre alors des basses très deep pour aboutir à de magnifiques drops comme sur le magnifique Allow The Long où on sent vraiment l’influence de James Blake et particulièrement de sa chanson I Never Learnt To Share, ou encore sur l’excellent Leucosia où on entendrait presque les synthés de ce dernier.

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On croirait presque entendre le côté naturel et vivant de Baths avec l’harmonie de ces samples de bruits de la nature… ou encore la profondeur des drums de Burial. Associé à l’utilisation magistrale de sa voix, il arrive à créer parmi ce qui s’est fait de plus mélodique en post-dubstep en 2011. Greenwood Sharps ne plagie pas ces artistes, cependant il arrive à maîtriser leurs sonorités avec brio et même les réutiliser à sa manière et sans pour autant simplement mélanger ces éléments dans un mixeur. Non, Greenwood Sharps n’est pas une superposition de la musique de James Blake, de Mount Kimbie ou encore celle de Baths. C’est la balance optimale entre les trois, la beauté du dubstep du futur et sûrement ce qui donne le plus de sens au terme post-dubstep.

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C’est quand même dommage que la majorité des sons prennent du temps à démarrer. Le drop de Allow The Long par exemple se situe dans le dernier tiers de la chanson, qui dure 6 minutes alors que celui de Leucosia est dans la dernière minute. Après, ça donne un côté plus laid-back et moins agressif à sa musique, très joviale et objectivement belle.

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On peut quand même dire que Things Familiar est l’une des meilleures productions du mouvement post-dubstep. Qu’il s’agisse de sa maîtrise de la voix, de ses beats très profonds et de leur profondeur éthérée, ou encore de ce côté tellement naturel et efficace, cet EP est sans conteste un concentré de bonheur et de surprises.

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4 groupes à suivre #2

Tous frais, tous nouveaux, Lcassetta revient avec son lot de groupes à découvrir. Votre webzine préféré vous propose de savourer les délices des compositions originales de Fixers, danser aux rythmes de la musique rock latine avec El Río, goûter aux plaisirs de la bonne production avec Films of Colour et transgresser la norme sonore avec Brick+Mortar. Armés de leurs instruments, ces groupes dénichés aux quatre coins du globe n’ont qu’une seule et unique mission : égayer votre quotidien.

• Fixers

Formé à Oxford, en Angleterre, Fixers détient la recette permettant de percer dans le milieu prisé du rock. Avant-gardiste et originale, la musique du quintette est un melting-pot réunissant pop psychédélique et musique expérimentale. Un mélange inhabituel qui leurre délicieusement nos oreilles. Des cloches sonnées à vide par-là, des enchaînements surprenants à la batterie par-ci et la voix de Jack Goldstein qui fusionne parfaitement avec les cliquetis et brouhahas de leurs instruments.

Another Lost Apache signe l’armistice entre chant doux et musique déchaînée. Un début à la messe du dimanche puis surprise, on fait sonner les percussions. On est loin des compositions monotones du genre. Jack Goldstein régule majestueusement sa voix pour épouser à la fois la mélodie suave et le rythme percutant qui  régissent la chanson. Ses bandmates le rejoignent progressivement au chant, avec une voix basse, afin de bercer clandestinement nos sens.

Majesties Ranch est le mariage d’une sono lustrée et des riffs fuzzy d’une guitare possédée par les démons de la nonchalance. Une mélodie riche en rebondissements, guidée par une voix Andrew Vanwyngarden-like, qui s’empare de votre esprit et vous plonge dans un univers cosmique avec en arrière-son, une composition au clavier qui retentit au loin et une synth à l’écho trempé.

• Films of Colour

Vers une musique plus tempérée et pensive, on met le cap sur l’île des Films of Colour. Une electro modérée et un chant à la Snow Patrol, on partage ici un chagrin profond décrit par des mélodies maîtrisées. Originaire de Londres, Films of Colour combine rave et electronic pour nous concocter des chansons d’une mélancolie de junkies : pesante et révélatrice à la fois. Une formule qui classe FOC parmi les groupes à la musique poignante comme Coldplay; une sincérité dans le chant qui risque de toucher les plus durs d’entre vous.

Persinette est l’histoire d’un amour plein de rebondissements. Le passage d’un ton discret à un autre, plus marqué, illustre bien l’ambiance eau de rose. L’instru à la Delphic, frustrante à la longue, vous retient presque prisonnier. On ne saurait suivre le “You were born that day / You still fail to see” teinté d’une mélodie suave ou le “… you turn in / Yeah you turn in” méchamment percutant. Une hybridité dans la construction de la chanson fait que l’on ne s’en lasse pas.

Le clip vidéo est à regarder en boucle. Une perle filmée par des amateurs mais qui calque parfaitement les paroles de la chanson.

Films of Colour – Persinette

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Capital est plutôt axée psyché-space. Une autre preuve de l’habilité des Films of Colour à écrire des chansons addictives. Capital est un morceau d’une ambiguïté agréable dans le chant. Des sons qui émanent de tous les coins, une requiem enchanteresse jouée au clavier et puis un jeu relativement dynamique à la batterie.

• El Río

“We are just people from the world.” disaient-ils. Est-ce pour échapper aux stéréotypes ? Ou pour donner un côté “nomade” à leur musique? Ce que je peux vous confirmer, c’est que leurs chansons n’en demeurent pas moins bonnes. El Río tire ses ressources de la musique latine dont le rythme est omniprésent sur leur album “So Old As To Have Become New Again”. Adeptes des riffs stridents et percussions ambiance vacances d’été, ils nous livrent une electropop énergétique pleine de béatitude, un mélange de power rock et ton acoustic qui fait que El Río produise une musique originale.

Doses est le petit chef d’oeuvre par El Río. On se prend facilement à sa rythmique poussée, ses riffs horror rock accompagnés d’une voix off puissante. Un “I needn’t have spent all my doses” au cri bien cadré donne une intensité remarquable au refrain. On est pris dans l’entrave, pris au loin, on suit méticuleusement le deuxième temps du refrain guidés par le jam pétillant d’une guitare fuzzy.

Found est le “how to dance” de l’album, l’hymne chantée dans une banlieue brésilienne. On se sent transportés vers une Favela libre de tous problèmes, se promenant dans ses ruelles entourés par une nuée de gamins qui gesticulent nonchalamment. Jouée sur un tempo agréable, Found joint musique latine et pop tirée par les cordes. De bons moments ancrés en votre esprit qui refont surface et c’est parti pour 3 minutes de déhanché.

El Río seront en tournée dans toute l’Europe cette année. Je vous les conseille vivement si vous voulez passer une soirée mouvementée, histoire de vous débarrasser des traces de vos repas consistants.

• Brick+Mortar

Le meilleur pour la fin, naturellement. Brick+Mortar est la symbios entre le démesuré, le trivial, le surpuissant et l’incapable. Un duo spirituellement lié qui manie sa musique avec une dextérité sans pareille. “We play drums and guitars. We are poets.” ; Les Brick+Mortar donnent à leurs chansons une dimension supersonique ex nihilo : la preuve qu’on peut produire des merveilles avec trois instruments et quelques samples. Leur psyché magnétique et envoûtante intrigue et provoque. Un univers minimaliste mais grandiose, qui parait commun mais qui est unique.

Heatstroke, qui définit parfaitement le groupe, est une mixture de sons éclectiques interprétés par un jeu de batterie adéquat à la voix toute aussi originale de Brandon Asraf. On ne saurait définir précisément son accent, tantôt nordique pour transformer des paroles en un chant exquis, tantôt anglais pour chanter majestueusement le refrain. Un soupçon de post-rock, une batterie folk pour peaufiner les transitions et nous voilà en face du tube de ce début d’année.

Qui ne rêverait pas d’une rave party comme on en fait plus, à Berlin ? Vous n’avez pas le temps ? No problemo. For Yellow Walls est votre passeport. Finissez de fumer ce que vous avez entamé, sniffez la poudre blanche étalée sur votre table basse et prenez votre demi cachet de stupéfiant. Préparez-vous à tout oublier. Suivez les consignes. Dansez aux echos de For Yellow Falls, sautez au rythme de ses percussions frénétiques et criez au “HEY WAIT!” de Asraf.

Qu’elles fassent office de berceuses ou qu’elles égayent vos soirées, prenez le temps de savourer chaque seconde de ses perles. Soutenez ces groupes et intégrez leurs univers, ils sont bien partis pour percer.

Omar Serghini Idrissi (Omar Serghini Idrissi)

Omar Serghini Idrissi alias OSI, addict à l’indie rock, sexuel à temps plein et fervent adorateur de Casablancas.

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Kendrick Lamar – Section.80

Kendrick Lamar est l’un des rappeurs les plus talentueux de sa génération. Celui que Dre, Game, et Snoop Dogg ont couronné “New King Of The West Coast” mérite largement ce titre honorifique. Considéré comme le successeur du légendaire Tupac, il a sorti son premier album, après plusieurs mixtapes, cette année : Section.80 ! Chronique.

A 24 ans, Kendrick Lamar a déjà un succès underground phénoménal. Ayant travaillé avec les plus grands, et surtout avec le mythique Dr Dre, on peut dire qu’il a réussi. Mais surtout, il apporte à son travail une approche originale, fraîche, et incontestablement très bien travaillée. Avec un excellent flow, des lyrics qui touchent la génération Y, et une production très variée, on appréciera la majorité de son travail.

Successeur de Tupac ? Le jeune Kendrick, a 8 ans, était fasciné par California Love, et a décidé de faire du rap sa carrière. Section.80, selon lui, a été inspiré par un rêve qu’il a eu, celui du légendaire Tupac qui lui aurait dit Keep my music alive. Mais on retrouve une touche personnelle et originale qui différencie son travail de celui de Tupac. Du conscious rap visant souvent la jeunesse, en passant par beaucoup de délires, Kendrick se fait le porte parole des jeunes.

Le premier truc qu’on remarque, c’est la qualité de la production. Très variée, très fine, et originale, c’est un véritable plaisir. De ADHD qui sample The Jet Age Of Tomorrow pour un son très doux, à The Spiteful Chant qui sample Iron de Woodkid, on a beaucoup de surprises ! Sur des beats très chill, des fois R&B, des fois plus électro, voire downtempo, avec toujours cette douce touche de Jazz très chill qui ont fait la gloire de A Tribe Called Quest, Kendrick Lamar maîtrise chaque beat avec son excellent flow. On appréciera aussi le fait que la majorité des beats utilisent une vague ambient qui fait très Cloud Rap, et très frais… L’art maîtrisé par Shabazz Palaces ou Clams Casino est très bien réutilisé ici. Un bonheur musical qui réinvente la G-Funk ! ADHD, Chapter Six, Kush & Corinthians, Hol’ Up etc représentent le plus cette production. Et c’est très catchy ! Le woopy woop woopy woop woop de Ronald Reagan Era est resté des jours dans ma tête.

0 Kendrick Lamar   Section.80

Son flow est très mélodique, souvent doux, et très touchant. Toujours synchro, on voit qu’il sait ce qu’il fait, qu’il ne fuck pas avec les beats comme n’importe quel amateur : Non, Kendrick Lamar rappe aussi bien que les légendes du hip-hop. Il s’autorise même des exercices de flow comme sur le très bon Rigamortis, où il rappe progressivement, de plus en plus vite, pour à la fin lancer des rimes comme s’il avait fait ça depuis sa naissance. Même son chant est bon, et très présent (très, et non pas trop, car on ne s’en plaindra jamais).

0 Kendrick Lamar   Section.80

Kendrick but ?

Cependant, ce qu’on appréciera le plus, c’est les messages qu’il délivre. ADHD en est l’exemple parfait : Une ode à la génération des jeunes, à travers la métaphore de la folie : You know why we crack babies, because we born in the 80s, That ADHD crazy !  Cette vision différente qu’ont les jeunes, cette revendication de cette manière de penser, etc. C’est ce qu’il prône. Les problèmes de coeur, comme sur l’excellent Tammy’s Song au beat hypnotisant et unique, ou encore sa vision de la beauté sur le très beau No Make-up, ses messages de paix sur Fuck Your Ethnicity. Et en général ses lyrics sont toujours très fines.

0 Kendrick Lamar   Section.80

Son album dure 1 heure, mais il est difficile de passer certains son. Entendez par là qu’ils sont tous bons, mais qu’il n’essaye pas d’être aussi bon que sur d’autres sons. Mais on excusera ça, le tout étant très mélodique. Cependant, aucun son n’est réellement excellent. Tous les sons sont relativement très bons, mais aucun n’est transcendant.

Ainsi, Kendrick Lamar a eu de bons professeurs, et s’impose aujourd’hui comme l’un des meilleurs rappeurs existants. A seulement 24 ans, on sent déjà que ce jeune rappeur a énormément de talent, et qu’il peut encore s’améliorer… Oui, la majorité des sons sont bons, certains sont très bons, mais il y a quand même peu de tracks qui seront remémorés dans 4 5 ans comme des classiques. Il se donne pas à fond, mais ça reste déjà un travail de qualité vu son incommensurable talent, et c’est incontestablement l’une des meilleurs productions hip-hop de l’année ! A écouter d’urgence.

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Muslim, l’interview

Muslim est un célèbre rappeur marocain. Il a pris le temps de parler à Lcassetta de ses projets, entre son prochain album solo (son sixième), ses featurings, ce qu’il écoute et les messages qu’il fait passer.

Achraf El Fitre : Salut Muslim. Parle-nous un peu de tes actualités et tes futurs projets ?

Muslim : Salam Alaikoum. En ce moment, je suis en train de composer des instrus, écrire et enregistrer mon sixième album solo.

A.E : Est-ce qu’il y a une date exacte de la sortie de ton prochain album ? Et qu’est-ce qu’il contiendra de nouveau ?

: L’album était prévu pour sortir cet été, mais pour des raisons personnelles, la date était repoussée pour la fin de cette année. Peut-être qu’il y aura un peu de changements au niveau des instrumentals, mais je garderai toujours le même style, des sujets profonds et intéressants, tout ce qui peut réveiller les gens et les pousser à changer certaines mauvaises habitudes.

A.E : Tu as déjà dit dans une interview que Al Tamarrod Vol.2 contiendra des collaborations avec des artistes français, américains, et certains du monde arabe. Est-ce que tu tiens toujours tes promesses ?

: Hmmm. Si tu reviens à ma discographie, tu vas remarquer que les collaborations ne sont pas bien nombreuses. C’est juste parce que les featurings, souvent, il faut rencontrer le MC, se mettre d’accord sur l’instrumental et sur le thème, écrire ensemble pour enfin enregistrer ensemble. Parce que envoyer des acapellas par internet chacun de son coin n’est pas très professionnel et ce n’est pas mon truc. Sinon, je n’ai pas encore fait de feats pour Al Tamarrod Vol.2, et pour ne pas vous mentir, je n’ai pas encore y pensé, mais ikoun khir, incha’Allah.

A.E : Penses-tu à réaliser un clip ?

: Oui, on pense à réaliser 3 ou 4 clips de ce nouvel album. Comme je le dis toujours, il te faut du temps pour donner un bon produit. Si c’était juste pour un freestyle ou un single comme Belbala, une journée au studio sera suffisante. Mais moi, j’aimerai réaliser un clip avec une histoire profonde, comme ça même les gens qui n’écoutent pas de rap changent leur idée à propos de cet art.

A.E : As-tu conscience de l’impact que tu as sur les jeunes ados ?

: Très bonne question. De temps en temps, des parents viennent me parler, ils m’encouragent en me disant que leurs enfants m’écoutent tout le temps et apprennent mes chansons par cœur. Et ils me demandent de chanter à propos des études et du sport pour les encourager et les inciter à respecter leurs parents. J’ai même rencontré des gens qui ont commencé à pleurer après avoir écouté une de mes chansons parce qu’ils ont vécu la même situation, ou d’autres qui me disent qu’ils ont arrêté une telle chose parce qu’ils ont écouté une telle chanson.

Quand tu arrives à ce point, tu commences à sentir l’impact que tu as sur le public et ça devient une responsabilité. Tu ne dois pas dire n’importe quoi et tu commences à écrire, réécrire et corriger tes paroles plusieurs fois.

Nombreux sont ceux qui disent que Muslim a changé de style, il n’est plus underground, il n’a plus la rage qu’il avait. La réponse est non, je n’ai pas changé, c’est juste que j’essaye de convaincre tout mon public, adulte, enfant, femme, homme, instruit ou illettré.

A.E : Tu as repris contact avec Don Bigg après l’émission radio ou vous n’avez jamais reparlé après ?

: Non, on n’a jamais parlé après l’émission.

A.E : Comment est-elle ta relation avec L3arbé et les Zanka Flow ? Pourquoi ne pas faire un projet ensemble encore ?

: L3arbé est mon frère avant tout, et Zanka Flow est notre fierté. C’est juste question de temps, et machaghil dial dounia. Mais c’est sûr que je vais collaborer avec Zanka Flow sur mon album.

A.E : Tu parles toujours des faits divers de L7awma. Tu cherches à faire passer quelle image des quartiers que tu fréquentes ?

: L7awma diali est ce qui m’a permis d’être qui je suis maintenant. J’écris sur tout ce qui bon dans mon quartier et tout ce qui mauvais, tout en essayant de passer un message positif, éloigner drari dial l7awma de tout ce qui pourrait leur faire mal.

A.E : Tu écoutes un peu cette nouvelle génération de rappeurs marocains ? Quel est ton rappeur ou ton groupe préféré parmi eux ?

: Pour ne pas te mentir, je n’écoute presque que du rap US, même le rap français je n’en écoute que rarement. Sinon, j’écoute tous les CDs que les rappeurs marocains me donnent, parce que je ne suis pas très connecté et je ne suis pas ce qui passe sur Facebook. Mais Alhamdulillah, le rap marocain est en bonne santé, j’ai écouté quelques groupes et ils m’ont bien plu.

A.E : Pourquoi on ne te voit pas souvent dans les médias ?

: Je reçois plein d’invitations, et si je les refuse, c’est soit que je ne suis pas disponible pour y assister, soit que l’émission ne m’intéresse pas vraiment. Je préfère plutôt assister à une émission qui s’intéresse 100% à la musique que d’autres.

A.E : Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ? Toujours du Tupac ?

: Oui, c’est vrai. J’écoute du Tupac depuis mes débuts et il reste mon préféré. Mais ça ne veut pas dire qu’il est le seul rappeur que j’écoute bien sûr. J’écoute Tha Dogg Pound, surtout Daz Dillinger, Mobb Deep, Lady Of Rage, The Game, Young Buck, Krs-One et j’en passe.

A.E : Est-ce que c’est vrai que tu lis beaucoup ? Si oui, quel est le dernier livre que tu as lu ?

: Je viens de terminer Al-khoubz Al-hafi (Le pain nu) du tangérois Mohamed Choukri, et je viens de commencer à lire Al-Sir (le secret). Ce dernier est un très bon livre qui permet d’avoir les méthodes efficaces pour être positif dans sa vie et de se développer de manière cohérente et durable.

A.E : C’était tout chef. Un dernier mot pour nos lecteurs et les fans de Muslim ?

: Merci d’abord Achraf pour cette interview que je trouve vraiment intéressante, surtout pour mes fans qui veulent en savoir plus sur moi et mon nouvel album. J’aimerai bien m’excuser auprès d’eux pour  mon absence, mais je leur promet qu’ils excuseront mon retard après la sortie de l’album. J’aimerai aussi leur dire que Muslim kayebghikoum, w dima, jib l3ezz wla k7ez.

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Une collaboration majestueuse : Gil Scott Heron & Jamie XX – We’re New Here

Deux artistes que tout oppose, se réunissent dans une passion qui les réunit. Et le résultat est magique… Jamie XX réussit un exploit hors du commun pour s’approprier la musique de Gil Scott Heron. Les opposés ne s’attirent-ils pas naturellement ?

Gil Scott Heron est un artiste qu’on peut qualifier d’expérimenté. This nigga look like an african poet, dirait notre jeune ami Earl Sweatshirt. Et c’en est bien un. Né durant la première moitié du XXe siècle, il est un fervent défenseur de ses pairs vivant dans la rue, et une icône pour la communauté noire. Considéré par les plus grands artistes contemporains du genre comme le parrain du rap, il a vécu dans le Bronx. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pour que vous preniez conscience de sa sagesse. Un Homme mature que le poids des années et la drogue auront dévasté pendant une longue décennie, dès le début du troisième millénaire. Ceci pourrait nous faire croire qu’il a été oublié et dépassé par le temps, qui aurait rendu son image obsolète et la sagesse de ses poèmes discréditée.

Ce que je veux que vous compreniez, c’est que Gil Scott Heron n’est pas mort. Un artiste aussi engagé, mûr et fier ne meurt jamais. Malgré dix difficiles années vécues avec la drogue, et malgré son exclusion progressive après que son label ne l’ait rejeté, l’Afro-Américain ne s’est jamais aussi bien porté. En 2010, il sort alors I’m New Here, un album-thérapie superbe. Il marque son retour comme s’il était véritablement new here. Il s’en sert alors pour écrire et décrire son regret, ses peines, et son repentir dans une ambiance musicalement sombre et profonde, voire mélancolique. Le poids du temps et l’amertume du regret se ressentent sur son flow plus lent, sombre, et brut. Il abandonne son style Funk et Soul pour se lancer dans un rythme tellement minimaliste que l’ampleur de ses mots en est intensifiée. Une symbiose entre Jazz, Blues, et Trip-hop, il a délivré un album sur lequel il se livre comme s’il s’agissait d’un confessionnal. Gil Scott Heron nous fait part de chansons belles et profondes sur une production intime. Gil Scott Heron est un ancêtre, un sage auquel on doit le respect.

Jamie XX a tout juste la vingtaine. Il n’est pas connu. C’est un nouveau dans le business de la musique qui n’a rien créé. Qui est-il ? Il complète le trio de The XX et est le seul membre à ne pas chanter. Il n’est profond qu’à travers la création de la musique, quand son ancêtre est profond à travers les mots qu’il prononce ou chante. Il compose des sons plutôt Dubstep, Glitch-Hop et New Wave, soit un univers musical où les mots importent peu… et Jamie XX a remixé I’m New Here.

Bref. Gil Scott Heron est un poète afro américain engagé et expérimenté, Jamie XX est un DJ dubstep anglais qui fait ses premiers pas. Leur collaboration, vue sous cet angle, paraît risquée et improbable. Vous avez déjà essayé de jouer avec votre grand-père aux jeux-vidéo ? Imaginez vous si lui même vous donnait son ancien tourne-disques. Lequel des deux sera le plus déboussolé et perdu ? Ici, aucun des deux.

Cet album n’est pas un remix, c’est une toute nouvelle création, même plus qu’une réinterprétation. Il existe une symbiose totale, qu’on ressentirait presque comme naturelle, dans le fruit de ce travail basé sur deux univers différents. Là où Jamie XX n’est pas adapté, la profondeur de Gil Scott Heron rend ça plus plaisant. Là ou Gil Scott Heron est trop mélancolique, Jamie XX lui rajoute un brin de fantaisie. Les deux se complètent comme s’ils n’étaient qu’un.

On ne peut reprocher à GSH qu’une seule chose : Son manque de funk et ce punch qu’il a perdu pour laisser place à sa profondeur. C’est excusable vu ce qu’il a vécu et son effort de renaissance musicale. Le jeunot se sert de son talent pour redonner ce manque de fraîcheur à un Gil Scott Heron qui veut sa revanche. Sur des rythmes excellemment bien produits, il fait plus que superposer la voix de son aîné, il la reconstruit, et l’adapte à son propre monde.

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Ainsi, avec des morceaux tels que The Crutch, on vit une expérience musicale magique où la profondeur des mots du poète est amplifiée par la puissance et l’aura angélique qui s’en dégage. Tout le flow brut de Gil Scott Heron est remodelé par le jeune DJ. On ressent véritablement la qualité du travail de l’anglais dans des morceaux comme Ur Soul And Mine où il transforme une mélodie sombre et mélancolique en une hymne à la vie. Il réinvestit la discographie de Gil Scott Heron pour retravailler de manière progressive, et profonde, un poème sur la mort. Il mélange alors Deep House et Progressive House pour créer quelque chose d’encore plus beau et profond que le travail de son aîné. Il ravive sa flamme et le fait renaître.

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La vitesse et la puissance de sons comme Running ou NY Is Killing Me se ressent à travers des rythmes plus D’n’B et Dubstep. Jamie XX ne rigole pas, il n’a pas simplement repris la base des sons de Gil Scott Heron pour la poser sur un random mix, il a fait en sorte de créer du neuf avec du vieux. C’est la base du sampling me direz vous ! Sauf qu’ici il compose. Sur des sons de cette trempe, il crée des beats très puissants et profonds, amplifiant le désarroi du poète. La voix amère de ce dernier sur NY Is Killing Me est amplifiée par l’écho et le chant soul derrière. On oublie l’univers minimaliste d’I’m New Here car ici les sons sont tellement profonds et chill que Gil Scott Heron semble être encore plus nouveau. Le son en question était d’ailleurs l’un des plus simples, chanté sur de simples “clap”, et il se retrouve l’un des plus complexes de l’album.

Les interludes plus dans le style de Gil Scott Heron gardent une authenticité dans cette recomposition musicale, même si cette recomposition n’a en aucun cas mis le travail de Gil Scott Heron à l’écart.

La voix magnifique du poète est excellemment bien réinterprétée dans cet opus. Le charisme et l’ampleur de l’afro-américain se ressent encore plus fort, grâce à la création musicale du jeune anglais.

Jamie XX est le génie qui a réussi l’exploit de recomposer autre chose à partir d’un son qui n’est pas à lui. Il se l’est approprié et a réussi à créer une symbiose entre un son mélancolique et minimaliste, et son propre univers électronique, abstrait et psychédélique. We’re New Here est plus qu’un remix. C’est un travail équitable qui dose chaque identité de l’artiste dans chaque son, sans mettre chaque identité d’un côté, mais en les mélangeant et en y créant de nouveaux horizons, entre profondeur lyrique et rythme dansant. Jamie XX a reconstruit Gil Scott Heron et lui transmet son énergie de jeune débutant pour refaire de lui une icône. Ils sont tous les deux nouveaux ici, mais le talent et la créativité de l’un est libérée par l’expérience de l’autre. La rencontre de deux univers, de deux forces, est toujours une merveille, ne serait-ce que pour l’exploit que ça représente. L’union de ces deux artistes que tout oppose nous le montre ici, à travers ce chef d’œuvre qui allie musique post-moderne et histoire d’un passé musical lourd. La sagesse de l’ancêtre et l’ambition du jeune ne peuvent que résulter en un travail aussi abouti quand les deux sont talentueux.

Gil Scott Heron n’est pas encore mort, il ne fait que renaître, sauf qu’il n’a plus rien à prouver. Jamie XX fait son chemin de manière excentrique, car il s’impose comme un producteur de génie dès le début de sa carrière, osant le coup risqué de reprendre le travail d’un maître pour le rendre parfait. Ils sont bien nouveaux ici, mais à leur manière…

Un excellent 8.8/10.

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Hollie Cook : l’album qui porte bien son nom

J’ai été très agréablement surpris aujourd’hui par une musique diffusée à la radio. Je conduisais sur  une autoroute particulièrement encombrée, les nerfs quelque peu tendus, mais au passage de cette chanson, mes traits se sont paisiblement relâchés. J’identifiais la musique comme un genre très léger de reggae.  L’animatrice finit par dire qu’il s’agissait d’une certaine Hollie Cook et que le titre qu’on venait d’écouter se nommait Milk & Honey.

De retour chez moi, je téléchargeai son premier album solo sorti tout juste le 6 juin. Un vrai bijou ! Je découvrais que Hollie Cook a inventé son propre style qu’elle a elle-même baptisé Tropical Pop. Ayant grandi dans un milieu très musical, elle s’inspire beaucoup de ses parents : son père étant un ancien batteur des Sex Pistols et sa mère un membre d’une formation Ska des années 80.

Cet album éponyme est une invitation à la redécouverte du Reggae. On a tous surtout connu ce genre musical pour son engagement envers certaines causes ainsi que par son rythme souvent entraînant. Hollie Cook, elle, a choisi pour son album, un Reggae plus calme, plus posé et plus en paix avec lui-même.

0 Hollie Cook : l’album qui porte bien son nom

Je vous avoue que j’ai été surtout charmé par Milk & Honey. Une chanson qui a pu tout de suite me projeter sur une belle plage avec des bruits de vagues échouant sue la grève. Walking In The Sand m’a également immédiatement captivé. Il s’agit d’une reprise de Shangris-Las, un Girl Group des années 60.  Au passage, je vous conseille aussi That Very Night. Hollie Cook a également collaboré dans cet album avec plusieurs professionnels du Reggae dont Horseman pour le titre Cry (Disco Remix). Avec ses percussions vives et ses harmonies vocales, cette chanson est l’archétype même du Reggae.

Finalement, je prédis à Hollie Cook un bel avenir dans le Reggae.  C’est une musique parfaite que ce soit pour vos moments de relaxation ou pour  vos dernières préparations à vos examens en ce mois de juin si décisif.

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Grand Corps Malade – 3ème temps

Cette fois ci, je tiens à vous parler d’un album que j’ai énormément apprécié, un album qui a su raviver mon inspiration perdue depuis un bon bout de temps.

Fabien, Alias Grand Corps Malade, nous livre son 3ème opus « 3ème temps » apparu le 18 Octobre 2010, évoquant la naissance de son 1er enfant, le temps de devenir 3 à la maison.

Depuis la sortie de son premier album « Midi 20 » qui est aussi l’heure de sa naissance, le chanteur a éclairé un style musical pas très courant, en écrivant des textes typiques, éloquents, parfois intimes, mais illustrant la plupart du temps une certaine vérité sociale et politique avec admirable subtilité.

Avec une voix sérieuse et délicate à la fois et surtout très convaincante, il se livre en entier et avec passion dans un Slam hors du commun, des paroles qui ne laissent personne sans émotion sur un fond musical minimaliste qui ne fait qu’insister et donner de l’intensité à chaque mot prononcé.

3ème temps commence par « 1er Janvier 2010 » un titre qui révèle un peu sa raison d’être, le vrai sens de son engagement : « Ma seule vraie place est sur scène ».

Ensuite vient « définitivement », un texte touchant et très émouvant, qui annonce la naissance de son fils. Sur ce titre, Fabien parle au bébé qui est toujours dans l’utérus maternel, et lui exprime sa vivacité et le désir de le retrouver, lui promettant de faire tout son possible pour être un bon père en insistant sur comment il va définitivement changer son sens des priorités et sur le fait qu’il soit la meilleure chose qui lui était arrivée. « T’es pas encore là mais déjà je vois beaucoup de choses différemment, tu vas bousculer ma vie, définitivement ».

Puis vient «  A l’école de la vie », qui me rappelle un peu « Rencontres ». À travers ses paroles il nous guide dans l’école au mille et une classes, qu’on essaie de suivre, une par une, et dont on est jamais diplômé, cette école nous enseigne l’insouciance, la confiance, la responsabilité, la curiosité, la faiblesse, la promesse, la grosse galère, l’espoir, l’humanité, et bien d’autres encore. « A l’école de la vie, tout s’apprend, tout s’enseigne, tout s’entend, on s’entraîne, des matières par centaines, c’est l’école de la vie, j’ai erré dans ses couloirs, j’ai géré dans ses trous noirs, j’essayerai d’aller tout voir. ».

Ensuite, « Roméo Kiffe Juliette », sur lequel il illustre la difficulté d’un amour ‘possible’ entre une juive et un musulman, dans un environnement souffrant de  l’abnégation de la république et de sa vertu, du racisme intercommunautaire : « Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes,  un amour, du courage et deux enfants hors des normes ».

Sur « Education Nationale », le chanteur se glisse dans la peau de “Moussa” et exprime sa déception vis à vis l’enseignement en France, et l’insensibilité des politiques face aux écoles publiques : «  L’école publique va mal car elle a la tête sous l’eau. Y a pas d’éducation nationale, y a que des moyens de survie locaux » .

« J’attends », un titre qui indique que la vie est une sorte de cumul d’attentes et une question de patience. « J’attends aussi bêtement la fin du pouvoir absolu, des actionnaires, des dividendes, des profits, c’est tendu ».

Enfin, « Nos absents », un titre larmoyant en hommage à tous nos chers morts ou disparus : C’est ceux qu’on a aimé qui créaient un vide presque infini, qu’inspirent des textes premier degré. Faut dire que la mort manque d’ironie.».

L’album comprend d’autres titres, avec des textes aussi surprenants que les précédant, avec « Un verbe », « Rachid Taxi », « Jour De Doute », « Bulletin Météo », « ÀMontréal »,  Ou encore deux magnifique featuring dont la reprise de «Summertime » dans « Heure d’été » avec Élise Odin-Gilles et « Tu es donc j’apprends » en duo avec Charles Aznavour.

Les fans de Slam, de poésie et de chanson française ne regretteront pas une seconde l’achat de cet album habillé de brillants textes pleins d’amour et de vives impressions.

Pour finir, je voudrais éclaircir un peu quelques idées confuses à propos du nom de scène de notre cher Fabien Marsaud.

En fait, Lors d’une colonie de vacances, le chanteur fit un plongeon dans une piscine dont le niveau d’eau était apparemment très bas, et se déplaça les vertèbres. Il retrouve l’usage de ses jambes en 1999 après une année de rééducation. C’est en conséquence à cet handicap et sa grande taille (1m94) qu’il prend le nom de scène Grand Corps Malade comme nom de scène.

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The Avalanches – Since I Left You

Il y a 11 ans sortait l’un des albums considérés comme l’un des plus grands albums de tous les temps. Since I Left You, composé de plus de 3500 samples, réussit à immerger ses auditeurs dans un voyage musical à la limite de l’euphorie. Chaque son nous renvoie à un véritable univers, qui est le résultat d’un mélange d’influences extrêmement variées.

The Avalanches. Since I Left You. Avec ces noms là on s’attend presque à un groupe générique d’indie rock. Pas du tout… Disons simplement que si je devais aller sur une île déserte, et qu’on m’autorisait un seul album (situation bien entendue quotidienne !), je prendrais celui ci. Pas parce que c’est mon préféré, ça ne l’est pas, mais pour éviter de déprimer. Pour ressentir une flamme de vie. Un vrai distributeur de joie, de vie et d’émotions… Ecouter cet album revient à traverser tout un couloir d’émotions variées, intenses, pures et authentiques.

Quelques faits pour appuyer ce qui peut vous sembler subjectif à première vue. The Avalanches est un groupe de jeunes australiens, vous savez, la vingtaine, passionnés de musique, qui touchent à tout en mélangeant tout ce qu’ils ont sous la main, en faisant ça pour le fun, sans même demander l’autorisation légale pour les samples car “de toute façon, personne n’écoutera !” Résultat, on a un truc qu’ils font pour le fun, pour s’amuser, pour mettre lors des soirées, lors des moments durs, à tout moment en fait. Cette innocence rend presque Endtroducing….. obsolète.

Ce qui est magique dans cet album, c’est que le son offre une variété de sons presque inégalée, et une production parfaite. Des milliers de samples différents, une multitude de sons variés dans chaque chanson, et au final une ambiance unique. On se retrouve avec un son aux résonances hip-hop, funk, pop, glitch-hop, turntablism… et qui touche à tout. Une atmosphère extrêmement joyeuse, euphorique, apaisante se dégage de ce voyage musical. C’est comme un catalyseur pour vos neurones, tout va bien, tout est beau, la vie est subitement magique. Rarement un album n’a réussi à diffuser tant d’émotions et de joie… Le concept lui-même est magique. Non attendez, le fait que ce soit un concept album en lui-même, avant d’étudier le concept, est déjà assez trippant vu la nature de la musique. Le groupe l’a décrit comme l’aventure d’un homme amoureux, qui voyage autour du monde pour retrouver sa bien aimée. A vous d’interpréter l’aventure amoureuse et toute la joie qui s’en échappe tout au long de l’album. Car c’est ce qu’on ressent le plus : l’impression de voyager, mais pas n’importe quelle voyage. Il s’agit plus ici d’une odyssée, d’une véritable épopée que d’une simple croisière. Car tout est intense dans cet album, tout est fait pour créer cette atmosphère de bonne humeur, en passant par différents stades… Vous avez déja regardé dans un kaléidoscope ? Imaginez la même chose en écoutant Since I Left You. Tout un univers frais, nouveau, intense, beau, et qui change à chaque moment. Une véritable hymne à la joie. Prenez le temps de voyager pendant une heure, une heure pile avec ce chef d’oeuvre.

Et encore, c’est typiquement une musique qui colle à chaque occasion. Cet album est unique. Très avant-gardiste pour un album de 2000, il apparaît toujours comme un OVNI aujourd’hui. Chaque son a son propre contexte, et chaque contexte a son propre impact sur son auditeur… C’est comme s’ils prenaient des morceaux de l’univers, qu’ils les mélangeaient dans une boîte, et que vous piochez votre propre ticket pour une croisière magique… Et qu’en mettant la main dans la boîte, vous êtes surs de pas être déçus.

L’album entier est dédié au plaisir. L’ouverture, Since I Left You, nous met directement dans l’ambiance joyeuse… des ukulélés, des chants doux, vous voilà à la plage. Get a drink, have a good time now, welcome to paradise ! L’aventure commence magnifiquement bien, on est déjà conquis avant que les vocals n’apparaissent. Since I Left You, I find the world so new. On explicite encore plus le sentiment de fraîcheur, de nouveauté, et le rythme devient encore plus intense. Vous êtes déjà dans votre bulle ? Dites vous que ce n’est que l’intro.

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Tout l’album vous invite au voyage, sur différents rythmes. On ne peut pas se plaindre d’ennui, puisqu’avec plus de 3500 samples utilisés, autant vous dire que vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Beaucoup de petits interludes vous aideront à bâtir votre propre histoire selon le concept diffusé par l’album. Jouant beaucoup sur des mélodies chill, on retrouve des sons très doux comme Two Hearts In 3/4 Time, qui nous berce doucement, ou encore Diner’s OnlyTonight ou Summer Crane nous plongent encore plus dans cet état de nonchalance doux qui nous emporte peu à peu.

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Mais tout l’album est extrêmement rythmé… Pour ça qu’on retrouve des sons comme Electricity, qui sample très agréablement Daft Punk, Flight Tonight ou Frontier Psychiatrist qui créent une euphorie déchaînée, et une impression de fraîcheur très agréable. Frontier Psychiatrist est une ode à la folie, le côté déjanté se ressent tout au long de la chanson. Le saxophone, les cris de chevaux, l’ambiance cartoon, les paroles déstructurées… Et énormément de détails. Sérieusement, le nombre de samples est hallucinant, des milliers. Chaque chanson, chaque petit loop est totalement différent, extrêmement dense, varié et captivant. On ne peut s’empêcher d’être fascinés par la variété de tous les sons différents tout au long de l’album, à chaque seconde. Il est rare, très rare d’écouter un même bruit deux fois de suite sur l’album, ne serait-ce qu’un simple drum kick ou autre. On pourrait croire, en me lisant, que ça ne nous laisserait pas le temps de profiter de chaque mélodie… Or le mélange de toutes ces mélodies est ce qui rend le tout aussi puissant et mindblowing. J’ai écouté cet album une vingtaine de fois, et je sais qu’il m’en faudra une centaine d’autres pour entièrement le décortiquer et en identifier chaque bruit, chaque sample. A chaque moment, on découvre une nouvelle sonorité cachée dans un coin, et c’est l’un des aspects les plus magiques de cet album. Le mot “magique” est vague, subjectif, tout ce que vous voulez, mais sérieusement ? Je ne vois pas d’autre terme pour expliquer le charme de cet album. Since I Left You est magique.

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Chaque seconde ce cet album est faite pour vous séduire. C’est l’un des albums les plus émouvants qui ait jamais été créé, et sûrement l’un des albums qui donne le plus de sens à la musique. Impossible de comparer cet album à autre chose, tellement le son en est unique. La maîtrise des samples, la qualité inégalable de la production, la fraîcheur intense et le sentiment prolongé de bien-être font de cet album un chef d’oeuvre de la musique électronique et de notre décennie. Vous êtes heureux tout au long de l’écoute. C’est un cliché que je déteste, mais je me sens contrait de l’utiliser tellement c’est ce qui s’applique le plus à cet album : “A consommer sans modération” ! 9.6/10.